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Droits procréatifs et reproductifs : des Droits humains !

4 min de lecture

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8 juillet 2022

En 2018, le comité des droits de l’homme des Nations Unies dans ses observations sur l’article 6 du Pacte international relatifs aux droits civils et politique concernant le droit à la vie consacre le droit à l’avortement comme un droit humain. Il précise que les États doivent fournir un accès à l’avortement sécuritaire, légal et efficace pour protéger la vie et la santé de la femme enceinte et aussi lorsque pour elle, mener la grossesse à terme engendrerait une souffrance ou une douleur considérable.

Les États-Unis ont par ailleurs ratifié le Pacte international relatifs aux droits civils et politique en 1992.

L’agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et génésique (UNFPA) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que 45% des avortements pratiqués dans le monde sont considérés comme « non sûrs » faisant de l’avortement une cause principale de décès chez les femmes enceintes.

La Cour suprême des États-Unis a annulé l’arrêt Roe c. Wade de 1973 qui garantissait le droit constitutionnel à l’avortement laissant désormais chaque état américain libre d’autoriser ou d’interdire l’IVG. Treize États disposent de lois dites « de déclenchement », prêtes à entrer en vigueur. Ainsi l’accès à l’avortement peut être soit sévèrement limité, voire interdit, les seules exceptions étant un risque pour la santé de la mère, et seulement dans quelques états, le viol ou l’inceste. Ces lois sont fondées sur des idées qui n’ont pas leur place au XXIe siècle. Elles supposent que les femmes, dès le moment de la fécondation, renoncent à tous leurs droits de décider de l’avenir de leur grossesse. Ces dernières perdent ainsi le droit à la vie privée en lien avec l’autonomie reproductive.

Les conséquences sont plus qu’alarmantes, dans un pays qui a déjà les taux de mortalité maternelle les plus élevés du monde industrialisé. Les populations les plus touchées sont les classes les plus pauvres, dans lesquelles les taux d’IVG sont les plus élevés (24 pour 1000 chez les afro-américaines alors qu’il est de 12 pour 1000 en moyenne, aux EU en 2019) et où l’on trouve en proportion plus élevée des femmes de couleur.

Cette vague de conservatisme pourrait s’étendre dans certains Etats à l’interdiction de la pilule abortive, de l’information sur l’avortement, la contraception, l’orientation sexuelle, mais aussi à remettre en cause d’autres lois acquises telles que les relations sexuelles entre personnes de même sexe ou certaines pratiques sexuelles même quand elles sont consenties ou la fécondation in vitro.

Les actions d’éducation et de formation, les publications et les communications internationales de la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains depuis sa création en 2010, abordent les différents liens entre santé sexuelle et Droits humains et promeut le respect des Droits humains comme une composante de la santé sexuelle et de la santé en général.

La Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains :

Rappelle que l’accès à un avortement sûr, légal et efficace est fermement ancré dans le droit international, qu’il est une priorité dans la voie vers l’autonomisation des femmes et des filles, et dans leur capacité à faire leurs propres choix concernant leur corps et leur vie, sans discrimination, violence ou coercition.

Condamne ces atteintes aux droits sexuels et génésiques qui privent ainsi les personnes les plus défavorisées, les plus jeunes, les plus désespérées, les plus pauvres, de l’accès aux soins, à la santé, et au bien-être, renforçant ainsi les inégalités dans le monde.


Reproductive rights: human rights!

July 8, 2022

In 2018, in its observations on Article 6 of the International Covenant on Civil and Political Rights concerning the right to life, the United Nations Human Rights Committee enshrines the right to abortion as a human right. It specifies that Member States must provide access to safe, legal and effective abortion to protect the life and health of pregnant women, including when carrying the pregnancy to term would cause considerable suffering or pain.

In addition to this, The United States ratified the International Covenant on Civil and Political Rights in 1992.

The United Nations agency for sexual and reproductive health (UNFPA) and the World Health Organization (WHO) highlight that 45% of abortions performed worldwide are considered “unsafe”, making abortion a primary cause of death amongst pregnant women.

The United States Supreme Court overturned Roe v. Wade (1973) which guaranteed the constitutional right to abortion, now leaving each American state free to authorize or prohibit abortion.  Thirteen states have so-called “trigger” laws ready to go into effect. Thus, access to abortion can now be severely limited or even prohibited, the only exceptions being a risk to the health of the mother and, in a few states, rape or incest.  These laws are based on ideas that have no place in the 21st century.  They assume that women, from the moment of fertilization, renounce all their rights to decide the future of their pregnancy. Women therefore lose the right to privacy related to reproductive autonomy.

The consequences are more than alarming, in a country that already has the highest maternal mortality rates in the industrialized world. Socially disadvantaged populations are the most affected, where abortion rates are highest (24 out of 1000 amongst African Americans compared to 12 per 1000 on average in the US in 2019) and where there is a higher proportion of BIPOC women.

In certain States, this wave of conservatism could extend to the prohibition of abortion pills, information on abortion, contraception, and to the curtailment of rights related to sexual orientation. It might also lead to the questioning of other acquired laws, such as those concerning sexual relations between people of the same sex, certain consensual sexual practices, or in vitro fertilization.

Since its creation in 2010, the UNESCO Chair for Sexual Health & Human Rights has sought to address the links between sexual health and Human Rights and promoted respect for Human Rights as a component of sexual and general health through educational and training activities, publications, and international communications.

The UNESCO Chair for Sexual health & Human rights:

Reminds that access to safe, legal and effective abortion is firmly anchored in international law, and is a priority on the path to empowering women and girls in their ability to make their own choices about their bodies and their lives, without discrimination, violence or coercion.

Condemns these violations of sexual and reproductive rights, which deny the most disadvantaged people – the youngest, the most deprived, the poorest – of access to care, health and well-being, thus reinforcing inequalities  in the world.


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